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Haiti-METEO / Prévisions saisonnières pour le trimestre Mars-Avril-Mai 2020

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Haiti-METEO / Prévisions saisonnières pour le trimestre Mars-Avril-Mai 2020

Selon les analyses venues des stations météorologiques et des radars, il y aurait d’éventuelles anomalies de précipitations pour le trimestre Mars-Avril-Mai 2020.

En effet, pour les Antilles, la pluviométrie sera probablement légèrement déficitaire surtout en Guadeloupe et elle sera plus proche de la normale en Haiti, à Port-Rico, à Saint-Domingue, à Saint-Thomas et en Martinique. Elle risque de rester excédentaire sur les îles de Saint-Barthélemy et Saint–Martin, en liaison avec les passages perturbés descendant des régions tempérées.

Rappelons qu’habituellement, le mois de Mars est le mois le plus sec alors que les mois Avril et Mai sont souvent propices à de fortes pluies ponctuelles.

Quoiqu’il en soit, les températures vont se maintenir au-dessus des normes saisonnières (aussi bien en journée que la nuit).

Evolution climatique globale : Cette année, nos régions ne sont pas influencées par l’oscillation El Nino (ENSO, El Nino Southern Oscillation) qui reste neutre sur l’océan Pacifique. L’océan Atlantique, quant à lui, présente une anomalie positive de température de la Floride jusqu’aux portes du Portugal, ainsi qu’en mer de la Caraïbe avec des eaux plus chaudes que la normale. Dans la bande tropicale, entre l’Afrique et les Antilles, la température de surface de la mer est plus conforme.

Dans l’atmosphère, le renforcement de l’anticyclone des Açores en lien avec la phase positive de l’oscillation Nord-Atlantique (NAO +) devrait maintenir de l’air stable sur l’Atlantique tropical.

Bilan pluviométrique des trois derniers mois, soit de décembre 2019 à février 2020 : Il n’a pas été aussi déficitaire comme les prévisionnistes l’ont annoncé, sauf en Guyane où le déficit est très marqué, malgré un mois de décembre bien arrosé dans certains pays de la Caraïbe. En Martinique, la pluviométrie s’est rapproché de la normale tandis qu’en Haiti et en Guadeloupe elle est encore un peu déficitaire par endroits.

 

Clarification conceptuelle de : El Niño et la Niña

El Niño, et son pendant La Niña sont des phénomènes océaniques à grande échelle du Pacifique équatorial, affectant le régime des vents, la température de la mer et les précipitations. El Niño et La Niña correspondent aux deux phases opposées du phénomène couplé océan/atmosphère appelé ENSO (El Niño / Southern Oscillation).

À l’origine, l’appellation El Niño a été attribuée par les pêcheurs péruviens à la petite invasion d’eau chaude qui se produit chaque année le long des côtes du Pérou et de l’Équateur aux environs de Noël. D’’où son nom : en espagnol, El Niño qui désigne l’enfant Jésus. Par extension, le phénomène climatique correspondant au réchauffement accentué des eaux de surface près des côtes de l’Amérique du Sud porte aujourd’hui le nom d’El Niño. Nous savons qu’il est lié à un cycle de variations de la pression atmosphérique entre l’est et l’ouest du Pacifique, couplé à un cycle du courant océanique le long de l’équateur.

Seul l’ENSO a un impact planétaire aussi marqué. Les deux autres bassins océaniques, Indien et Atlantique, sont trop peu étendus pour permettre un phénomène de couplage aussi important entre circulations atmosphérique et océanique, même s’ils subissent aussi des remontées d’eaux profondes et des régimes d’alizés.

Hors événement El Niño, les alizés de sud-est sont bien établis sur la face nord de l’anticyclone de l’île de Pâques (l’équivalent de l’anticyclone des Açores dans l’Atlantique nord). Ces vents réguliers, qui soufflent d’est en ouest, entraînent les eaux chaudes de surface vers l’ouest. Le déplacement des eaux chaudes provoque une remontée des eaux profondes, froides, à l’est du Pacifique, le long des côtes du Pérou.

Aux eaux chaudes est liée une ascendance de l’air entraînant la formation de nuages et de précipitations ; aux eaux froides, une descendance de l’air entraînant son assèchement. Les précipitations sont donc cantonnées à l’ouest du Pacifique équatorial tropical. Il en est de même des tempêtes tropicales et des ouragans qui épargnent alors la Polynésie française.

Certaines années, ces caractéristiques sont particulièrement marquées. On parle d’un événement La Niña.

Lors d’un épisode El Niño,  les hautes pressions du Pacifique Sud  diminuent. Les alizés faiblissent, voire se renversent. Les eaux chaudes de surface, accompagnées de nuages et de précipitations, refluent de l’ouest vers l’est. Ainsi, lors des situations El Niño, des conditions sèches se développent sur l’Indonésie et sur l’Australie, les tempêtes tropicales et les ouragans apparaissent beaucoup plus à l’est qu’à l’habitude et viennent affecter la Polynésie française, tandis que les côtes du Pérou connaissent d’inhabituelles précipitations provoquant inondations et glissements de terrain. De plus, le poisson déserte les eaux côtières d’Amérique du Sud, les eaux chaudes étant beaucoup plus pauvres en nutriments que les remontées d’eaux froides habituelles.

 

Des épisodes irréguliers

Les événements El Niño apparaissent d’une manière irrégulière, tous les 2 à 7 ans. Ces épisodes débutent en général en milieu d’année et durent de 6 à 18 mois. Ils atteignent leur intensité maximale vers Noël.

En 1997, un épisode El Niño très intense avait été observé, avec à la clef des impacts climatiques et sociétaux importants. Depuis, d’autres épisodes, d’importance moindre, se sont produits en 2002-2003, 2004-2005, 2006-2007 et 2009-2010.

Talot BERTRAND, Ing-Agr.

Spécialiste en Education Relative à l’Environnement

Secrétaire Général de la PROMODEV

Phones : (509) 2230-9998 (Bureau) / (509) 3733-5953 (Wathsapp)

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